2026

Collectivités : retour sur la journée consacrée à la politique de l’eau

Le 10 juin dernier, Sfil et La Banque Postale organisaient en partenariat avec Intercommunalités de France et WWF-France une matinée consacrée au financement de la politique de l’eau, dans le cadre de la sortie d’une étude inédite réalisée en commun « La gestion de l’eau : un long fleuve pas si tranquille pour les collectivités territoriales ». L’occasion de réunir experts et décideurs locaux pour débattre autour de cette ressource essentielle.

Chiffres clés de la journée

  • 8 intervenants ;
  • 370 auditeurs sur place et à distance dont 180 collectivités et acteurs de l’écosystème local ;
  • 50 collaborateurs Sfil et LBP formés l’après-midi autour de 4 ateliers immersifs.

Une conférence de presse à quatre voix pour présenter les résultats d’une étude inédite

Les principaux enseignements de l’étude ont été présentés conjointement lors d’une conférence de presse. « Face à ce défi du 21ème siècle » selon Jean Rousselot, Responsable Eau douce chez WWF-France, Jean Révéreault, Vice-Président Transitions Ecologiques d’Intercommunalités de France, souligne « l’importance de documenter le sujet » à l’orée du nouveau mandat des élus du bloc communal. Le budget des collectivités pour financer le petit cycle de l’eau pourrait en effet augmenter de moitié à horizon 2040 dans un premier scénario « tendanciel ». Mais il pourrait doubler dans le scénario le plus ambitieux. Pour Olivier Grimberg, Directeur Secteur Public Local de Sfil, « tous les leviers existants ou à inventer (…) doivent être actionnés » car l’eau « relève désormais d’une véritable politique de souveraineté ».

Les 3 temps fort du colloque : « d’un cycle à l’autre, quelles priorités pour les nouveaux élus ? »

Au début de la matinée, François Laugier, Directeur général adjoint de Sfil, a rappelé que l’eau représente un véritable enjeu de souveraineté pour les populations et plus largement pour l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie. En tant que banque publique de développement, Sfil s’attache à financer l’essentiel pour les collectivités et l’eau fait partie de ces essentiels. Depuis 2019, Sfil et son partenaire La Banque Postale ont financé 2 Mds€ de prêts dédiés à la gestion de l’eau et de l’assainissement, soit un prêt vert sur deux en nombre.

La distinction entre petit et grand cycles de l’eau a été rappelée par Jean Rousselot, ainsi que les enjeux autour de la quantité et de la qualité de cette ressource. Sur Terre, l’eau douce est une goutte d’eau (2,5%) parmi un océan d’eau disponible. En France, l’eau potable représente 16 % de l’eau prélevée dans les milieux aquatiques et 26 % de l’eau consommée (c’est-à-dire non restituée aux milieux). 

Julie Marcoff et Louis Deusy, de la Direction des Etudes de La Banque Postale ont présenté ensuite les conclusions de l’étude et livré leur analyse des défis financiers liés à la gestion de l’eau au sein des collectivités. Ils ont notamment insisté sur :

  • La nécessité de dépasser la séparation petit cycle/grand cycle, car les investissements dans un domaine bénéficient souvent à l’autre ;
  • Le déficit structurel d’investissement (liés aux infrastructures vieillissantes, aux évolutions réglementaires …) : 4,4 Mds€ pour le petit cycle (eau potable et assainissement) et 2 Mds€ pour le grand cycle de l’eau (dont GEMAPI) ;
  • Les 4 leviers complémentaires de financement à actionner : tarifs, emprunt, subventions et fiscalité ;
  • Les 3 scénarios de financement de la compétence eau potable à horizon 2040 : « tendanciel », « renouvellement » et « dépollution » pour intégrer peu à peu les évolutions réglementaires, le renouvellement des infrastructures et le traitement des pollutions émergentes ;
  • Ou encore la refonte des modèles de tarification, avec des exemples de tarification saisonnière ou sociale.

Enfin, une table ronde a rassemblé l’économiste de l’eau Maria Salvetti, le Directeur général Exploitation d’Aqualter Lionel Turpin, le Président du Cercle français de l’eau Thierry Burlot, et le Vice-Président Transitions écologiques d’Intercommunalités de France Jean Révéreault pour débattre des priorités de la gestion de l’eau pour les nouveaux élus et usagers. Plus que la « performance » du modèle financier c’est sa « robustesse » qui est nécessaire, afin de faire face aux crises amenées à se multiplier. Si les deux cycles de l’eau sont intimement liés, le grand relève davantage du bien commun. La définition d’une gouvernance adaptée aux territoires et la mise en place de mécanismes de solidarité entre collectivité restent au cœur des enjeux pour gérer efficacement et collectivement la ressource eau.

Des ateliers immersifs « Compte-gouttes » pour décrypter notre « empreinte eau », les usages et les enjeux de sobriété sur 4 bassins versants

Une cinquantaine de collaborateurs de Sfil et de La Banque Postale ont endossé le rôle d’un acteur du territoire au sein d’un Comité de bassin tel qu’Adour-Garonne, Loire-Bretagne ou Seine Normandie, lors d’ateliers animés par la société Hydros. Élu, industriel, association de consommateurs, office de la biodiversité, ou encore agence de l’eau, tous ont débattu pour défendre leur point de vue et pour atteindre collectivement l’objectif de réduction de 10 % des prélèvements en eau sur chaque bassin versant à horizon 2035.

Une façon ludique de sensibiliser les équipes en plongeant dans nos bassins versants de métropole soumis aux effets du changement climatique.

Pourquoi l’eau ? Un fil bleu pour Sfil depuis plusieurs années !

Avec son partenaire La Banque Postale, Sfil a financé depuis 2019 1 prêt vert sur 2 (en nombre de contrats) sur la thématique « gestion de l’eau et de l’assainissement ». Les projets des collectivités portent à la fois sur le petit cycle de l’eau pour 62% des volumes (à savoir le service public de l’eau potable et l’assainissement des eaux urbaines résiduaires par exemple) et sur le grand cycle de l’eau (protection de la ressource et prévention des risques des inondations).

Ce portefeuille « eau » représente plus de 800 prêts et 1,9 Md€. Compte tenu de la nature des investissements, les durées d’amortissement sont plus longues (environ 24 ans) et les prêts sont portés pour 46 % des volumes par les intercommunalités et 39 % par les syndicats.