2026

Soutenir l’adaptation, aux côtés de l’atténuation : l’exemple de Bois Gamats & Aubépin 2

Par Maya Brahimi, Directrice du développement durable

Labellisé bas-carbone grâce à la méthode Ville arborée, le projet Bois Gamats & Aubépin 2, soutenu par Sfil, illustre l’engagement des territoires face aux défis environnementaux et climatiques.

     Le projet en quelques chiffres :

  • 9 500 espèces de végétaux représentant plus de 27 espèces différentes ;
  • 4,5 km de linéaire de haies arborées multi strates ;
  • 620TCO2eq séquestrées sur 25 ans, dont 398 pourraient être attribuées à Sfil à l’issue du premier audit dans 5 ans.

Le financement de ce projet s’inscrit dans la démarche de compensation volontaire d’une partie des émissions résiduelles du bilan carbone opérationnel de Sfil. Il contribue à la séquestration du carbone, tout en offrant des bénéfices concrets en matière d’adaptation au changement climatique.

Alors que les effets du changement climatique s’intensifient, l’adaptation s’impose désormais comme un enjeu majeur. En effet, si l’atténuation reste indispensable pour limiter l’ampleur du réchauffement futur, l’adaptation est désormais reconnue comme un levier tout aussi essentiel face à des impacts déjà visibles : à l’échelle mondiale, l’année 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et la première année civile durant laquelle la température moyenne mondiale a dépassé de plus de 1,5 °C son niveau préindustriel [1]. Cette tendance se reflète également en France métropolitaine, où la température moyenne a déjà augmenté d’environ 2 °C depuis le début du XXe siècle [2].

Ces constats soulignent l’urgence d’agir sur deux fronts : réduire les émissions et adapter les territoires aux impacts déjà perceptibles. Atténuation et adaptation constituent, à ce titre, deux leviers complémentaires de l’action climatique.

Concrètement, renforcer l’adaptation suppose de mobiliser des investissements à la hauteur des enjeux. Si les besoins de financement liés à l’adaptation restent difficiles à quantifier avec précision, les ordres de grandeur disponibles soulignent l’importance des investissements à engager. La Stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique (SPAFTE [3]) 2025 rappelle ainsi que le rapport Pisani-Ferry–Mahfouz évalue les besoins de financements supplémentaires pour l’adaptation à 3 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. Les estimations de la Banque mondiale conduisent quant à elles à des coûts liés à l’adaptation entre 2,3 et 9,7 milliards d’euros par an pour la France jusqu’en 2030, avec une estimation centrale de l’ordre de 5 milliards d’euros annuels ; et entre 15 et 64 milliards d’euros annuels dans l’Union européenne.

Mais au-delà de ces montants, il faut également considérer le coût de l’inaction. Les conséquences économiques du changement climatique sont déjà perceptibles : selon la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) et Météo-France, le changement climatique pourrait accroître d’environ 40 % le coût des catastrophes naturelles en France à l’horizon 2050 [4]. Selon le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan [5], le coût des sinistres liés aux aléas naturels sur les biens des particuliers et des professionnels s’est élevé entre 4 et 4,5 milliards d’euros par an en moyenne sur la période 2019-2023 et pourrait encore augmenter de 40 % à 120 % d’ici à 2050.

Ces projections soulignent l’intérêt d’investir dès aujourd’hui dans l’adaptation afin de renforcer la résilience des territoires face à des risques appelés à s’intensifier.

Dans cette perspective, les coûts de l’adaptation sont significatifs, mais demeurent inférieurs aux coûts économiques qu’entraîneraient une absence — ou un retard — d’adaptation. Face à l’accélération du changement climatique, l’adaptation apparaît désormais comme le complément indispensable des efforts d’atténuation. En anticipant les impacts, en limitant les vulnérabilités et en réduisant les dommages associés aux aléas climatiques, elle contribue à consolider la résilience des territoires. Elle répond également à un enjeu d’équité, les populations les plus vulnérables étant souvent les premières exposées. Investir dans l’adaptation, c’est ainsi préparer les territoires aux défis de demain et soutenir une transition plus résiliente et plus juste.


[1] Copernicus Climate Change Service, 2024 is the first year to exceed 1.5°C above pre-industrial level (10 Janvier 2025). https://climate.copernicus.eu/copernicus-2024-first-year-exceed-15degc-above-pre-industrial-level

[2] Ministère de la Transition écologique, Impacts du changement climatique : températures et précipitations. https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/impacts-du-changement-climatique-atmosphere-temperatures-precipitations

[3] Direction générale du Trésor, Stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique (SPAFTE) 2025-2030, 2025, p. 123. https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/6b64d7f3-74ec-4eff-888a-2874d79778ec/files/92ff7590-7ef9-4677-b258-46dc02c3175d

[4]   CCR et Météo-France, Conséquences du changement climatique sur le coût des catastrophes naturelles en France à horizon 2050, 2023. https://www.ccr.fr/consequences-du-changement-climatique-sur-le-cout-des-catastrophes-naturelles-en-france-a-horizon-2050/

[5] Rapport « Repenser la mutualisation des risques climatiques » (Haut-Commissariat à la stratégie et au plan,) juin 2025. https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-12%20-%20Risques%20climatiques/HCSP-2025-RAPPORT%20MUTUALISATION%20RISQUES%20CLIMAT_Complet_12juin18h-FINAL.pdf