2026
Après ses éditions de 2025 (Climat : où en sont les investissements des collectivités ?) et 2024 (Panorama des financements climat des collectivités locales), l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) décrypte les résultats d’investissement des collectivités en faveur de la décarbonation et analyse la tendance sur la décennie 2014-2024 dans sa dernière publication « Vers la neutralité carbone : où en sont les investissements des collectivités ? »
Sfil finance les projets essentiels des collectivités, notamment ceux liés à la transition écologique. C’est pourquoi Sfil soutient l’Institut de l’Économie pour le Climat dans son programme de travail consacré aux collectivités locales. À ce titre, elle relaie les publications auxquelles elle contribue au sein du Comité de pilotage, afin d’alimenter les débats des décideurs locaux.
Du fait de leurs compétences et de leur patrimoine, les collectivités jouent un rôle clé dans la trajectoire de décarbonation dans les secteurs des transports (véhicules, infrastructures), des bâtiments (rénovation énergétique) et de l’énergie (éclairage public, réseau de chaleur urbain), trajectoire définie dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC) dont le troisième volet a été publié cet été. À l’aube d’un nouveau mandat pour le bloc communal et à quelques mois de l’échéance présidentielle, l’institut analyse les chiffres et leurs tendances sur la décennie 2014-2024.
Les investissements dans la décarbonation sont passés de 5,4 Mds€ en 2014 à 8,6 Mds€ en 2024 (+ 59 % en valeur), mais ont augmenté de 33 % seulement en volume (investissements en euros courants retraités de l’inflation).

Cette progression est hétérogène selon les secteurs.
Ainsi, les transports collectifs ont augmenté de 63 % (de 3,5 à 5,7 Mds€). Parmi eux, les investissements dans les transports en commun urbains ont évolué en lien avec le cycle électoral. Ceux en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments publics ont été quant à eux multipliés par plus de deux sur la période (de 700 M€ à 1,6 Md €) et ont été marqués par une forte hausse en 2021 (+ 32 %) et 2022 (+ 28 %). Les collectivités ont aussi accéléré l’électrification de leurs flottes de véhicules dans le contexte de la loi d’orientation des mobilités de 2019 et déployé plus largement des bornes de recharge électrique sur la voirie.
En revanche les investissements en faveur des infrastructures cyclables sont en repli (-3 % en moyenne par an) et s’établissent à 340 M€ en 2024, après le pic de 2020 (860 M€ avec la pérennisation des « coronapistes »).
La part des investissements dédiés à l’atténuation du changement climatique dans les dépenses d’investissement est plus forte (de 9,1 % à 10,4 %), ce qui illustre une « forme de redirection globale des investissements des collectivités vers la décarbonation ». La progression des investissements climat a été plus forte en 2020.

Les deux tiers des investissements favorables à la décarbonation sont réalisés par le bloc communal et les syndicats en raison de leurs compétences et de l’ampleur de leur patrimoine bâti. Ils ont augmenté en moyenne de 5,2 % par an, contre 5,9 % pour les Régions. Ces dernières ont porté sur la décennie 27 % des investissements climat, dans les secteurs du ferroviaire et de la rénovation énergétique des lycées en particulier. Les départements portent enfin 7 % des investissements en faveur de la décarbonation, investissements qui ont progressé de l’ordre de 4,7 % par an. Ce faible poids s’explique de par la nature de leurs compétences (la voirie et les routes ne sont pas incluses dans les investissements climat).
Les premières estimations projettent un atterrissage 2025 sensiblement identique à celui de 2024, avec environ 8,7 Mds€ d’investissement climat, selon les chercheuses Aurore Colin et Laura-Lou de Jesus.
La décarbonation des transports reste un enjeu fort de la SNBC 3 publiée cet été. Les transports collectifs représentent le premier secteur d’investissement des collectivités, porté notamment par les AOM (autorités organisatrices des mobilités) locales. Dans les domaines de l’électrification des véhicules, des réseaux de chaleur et de la rénovation énergétique des bâtiments, l’institut appelle à accélérer et relancer la dynamique d’investissement. Les besoins sont élevés en matière de rénovation du patrimoine bâtimentaire, avec un objectif de réduction de 50 % de la consommation des bâtiments tertiaires de plus de 1000 m2 à horizon 2040. Toutefois, les différents niveaux de collectivités ne disposent pas tous des mêmes marges de manœuvre à mobiliser pour accélérer leur effort d’investissement.
Dans un contexte budgétaire exigeant et contraint, les collectivités sont appelées à mobiliser conjointement tous les leviers possibles au financement de leurs investissements climat pour atteindre les objectifs de décarbonation : fiscalité, emprunt, prélèvement sur la trésorerie, politique tarifaire, recherche de subventions.
En savoir plus sur la publication, rendez-vous sur le site d’I4CE