2026
En 2021, quelques mois après son arrivée chez Sfil, Maya a accepté de prendre en charge un sujet émergent, celui des risques climatiques, c’était le bon moment : « J’étais dans un contexte professionnel et personnel propice », confirme-t-elle. C’est un facteur décisif, pour elle. Et pourtant, « c’était un vrai pas hors de ma zone de confort, à la fois par la technicité du sujet que par les enjeux qu’il portait », explique-t-elle.
« J’ai dû apprendre vite, accepter mes limites et construire progressivement ma légitimité ». Autrement dit, Maya a « fait confiance au processus plutôt qu’à l’expertise immédiate ». D’autant qu’à l’époque, c’était un sujet encore récent dans le secteur bancaire « ce qui le rendait plus accessible d’un certain côté, mais pas moins intimidant pour moi », précise-t-elle. Heureusement, « mon environnement personnel et professionnel m’offrait à la fois la stabilité et un cadre propice à l’apprentissage. Oser suppose aussi d’en avoir les moyens, et à ce moment-là, je les avais », ajoute-t-elle.

Et puis, Maya est convaincue de la nécessité de continuer à apprendre. « Il y a dix ans un conférencier expliquait que, face aux transformations du monde dans lequel on vit, ce qui va réellement faire la différence, ce n’est pas tant le savoir déjà acquis, que la capacité à acquérir de nouvelles connaissances sur des nouveaux sujets », se souvient-elle. « Il a verbalisé quelque chose qui a toujours été profondément ancré en moi », explique-t-elle. « Dans un monde où tout évolue très vite et où les carrières s’allongent, rester en mouvement est une opportunité », souligne-t-elle.

Le bilan, cinq ans après ? Concluant, puisque Maya vient d’élargir son périmètre et ses responsabilités. « Cette expérience m’a confirmé que je pouvais m’emparer de sujets complexes et construire une expertise, même sans être spécialiste au départ », raconte-t-elle. « Elle a aussi renforcé ma confiance dans le temps long, dans l’apprentissage continu. La légitimité se construit davantage par le travail et la persévérance que par la maîtrise immédiate», ajoute-t-elle.
Ce qui n’empêche pas Maya « d’avoir envie de déconstruire l’impératif moral de toujours oser ». « Il ne faut pas culpabiliser de ne pas oser à certains moments. Oser est parfois un luxe : il faut en avoir les moyens et que le contexte soit favorable ». Si ce n’est pas le cas, « se préserver et faire un pas de côté, c’est légitime », affirme-t-elle à rebours de certaines injonctions. « Quand les conditions sont réunies, oser, peut rester quelque chose de très simple, de mesuré, à savoir : essayer, ajuster, tout en acceptant la possibilité de l’échec », déclare-t-elle. « L’essentiel est de rester aligné avec soi-même et avec ses valeurs. Parfois, oser c’est juste être soi-même » conclut-elle.
Ses sources d’inspiration
